La fête 2009 du PCF à Revin

Dimanche 5 juillet






































































L'intervention de Michèle Leflon

Mesdames, Messieurs, chers amis, chers camarades,

Nous voilà réunis à nouveau pour la Fête du Parti Communiste à Revin, une fête bien vivante, ancrée dans la réalité locale et je voudrais en féliciter tous les acteurs.

Cette fête , remplie de joie, de solidarité, nous en avons bien besoin, car la situation n'est pas rose et mérite beaucoup de solidarité, beaucoup de rassemblements.

La crise n'est pas la notre et ce n'est pas à nous de payer les pots cassés de ceux qui se croient les maitres du monde, à grands renforts de dollars et d'euros, de ceux qui viennent de démontrer qu'une mondialisation fondée sur la finance était destructrice, de ceux qui préfèrent leurs profits aux mesures qui seraient nécessaires pour la préservation de la planète !

La crise n'est pas la notre, et pourtant, ce sont bien les salariés qui sont les victimes : on ne compte plus les fins de mois amputées par le chômage partiel. Les plans de licenciements se multiplient, la Sopal, Godart, Raguet, sans parler des entreprises qui licencient, au fil de l'eau si je peux dire, moins de dix à la fois, pour que l'on en entende le moins possible parler et pour limiter leurs contraintes !

On a des craintes pour Nexans à Fumay. Electrolux à Revin ferme son bureau d'étude avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la mise en route de nouvelles productions ! Le chômage est dans toutes les bouches, car c'est le fait majeur de la vallée de la Meuse : et à peine plus d'un tiers des chômeurs sont indemnisés ! 

Pour les autres, c'était le RMI, l'ASS, aujourd'hui le RSA. Oh, bien sur c'est mieux pour les bénéficiaires ; il y en avait assez de tous ces effets de seuil ! Mais le principe est destructeur pour la société : plus besoin pour le patron de payer assez son salarié pour qu'il ait de quoi vivre dignement, faute de quoi il n'arrivait pas à embaucher. Le RSA est là pour compléter : un vrai moyen pour faire taire les revendications salariales, un vrai moyen pour faire baisser l'ensemble des salaires et donc la consommation et empêcher toute reprise économique ! Et on pourrait aussi parler du scandale des contrats aidés : 17 millions d'euros dépensés par l'Etat en Champagne Ardenne, oui, 17 millions qui seraient tellement plus utiles à créer de vrais emplois !

Car derrière tout cela, c'est aussi la casse des services publics. Le gouvernement a décidé la transformation en société anonyme de la Poste, en vue de sa privatisation. Chaque fois que l’on a transformé un établissement public en société anonyme (France Telecom, GDF, etc.), cette transformation a été suivie de la vente des actions de l’Etat pour la privatisation de la société. L’avenir d’un service public postal répondant aux besoins de la collectivité ne peut se régler entre Matignon, l’Elysée et le Parlement et la question de l'avenir de la Poste doit être mis sur la place publique. La population a son mot à dire !

L'école, c'est toujours moins ! La suppression du samedi matin à la rentrée dernière ou tout du moins de deux heures de cours par semaine, là où il n'y avait déjà pas de samedi, oblige les enseignants à se recentrer sur l'essentiel en développant les inégalités socio culturelles ! Et l'on voudrait remplacer l'école maternelle par des « jardins d'éveil », c'est à dire faire payer aux familles et aux communes la scolarisation des plus jeunes ! Le ministre de l'Education Nationale joue de la calculette et le lycée de Givet se voie menacé, parce que le Centre d'entrainement commando ferme !

La santé, j'ose à peine en parler ! Les hôpitaux se voient tous obligés de faire des plans de retour à l'équilibre, et concrètement ces plans de retour à l'équilibre, c'est une diminution des dépenses de personnels, comme s'il y avait trop de personnel pour prendre en charge les malades ! La loi Hôpital santé patients territoire votée il y a quelques jours selon une procédure d'urgence est là pour dresser le cadre préparant la privatisation des hôpitaux et accélérer la marchandisation des soins. L'accentuation du déficit de la sécurité sociale va amener le gouvernement à proposer de nouveaux déremboursements, alors que ce qui est en cause dans le déficit, c'est l'insuffisance des recettes, c'est le chômage, c'est la stagnation des salaires !

Il convient sans doute aussi de parler environnement, climat : la nécessaire lutte contre le réchauffement climatique nécessite de vraies mesures, le développement de transports collectifs économes en dégagement de CO2, un véritable service public de l'énergie permettant une régulation rendant minimale les effets sur la dégradation climatique, des choix industriels décidés démocratiquement où la prise en compte des enjeux environnementaux domine sur celle de la rentabilité ! Or, qu'à t-on ? Un projet de taxe carbone, qui pourrait peser sur les ménages, remplaçant tout ou partie de la taxe professionnelle, exonérant donc les entreprises de leurs charges ! Je caricature un peu, mais sans doute à peine, si ce n'est que les premières résistances apparaissent et qu'il faut espérer que ce projet ne se concrétisera pas ! Et dans le domaine de l'énergie, les annonces magnifiques en terme de communication d'utilisation d'énergie éolienne ou solaire sont faites dans un cadre de dérégulation et d'anarchie telle que les conséquences risquent d'être une augmentation du prix de l'électricité pour les particuliers et un effet inexistant sur la réduction du dégagement de CO2, l'enjeu pour le climat !

On pourrait encore dire bien des choses sur la situation actuelle. Pourtant, des potentialités énormes existent d'une autre société : jamais l'avenir de la société n'a été aussi incertain. Quel sera l'issue de la crise ? Leur laisseront nous la possibilité de reprendre la course effrénée aux profits au détriment de la satisfaction des besoins des hommes et des femmes ou cette crise va-t-elle être l'occasion d'une autre gestion du monde fondée sur la solidarité, le respect mutuel, la démocratie, l'émancipation humaine ?

Ils ont peur ! Et cela justifie une politique de plus en plus répressive, une politique du diviser pour régner

Ils ont réussi à casser bien des solidarités, engendrer bien des conflits d'intérêts, salariés contre chomeurs, smicards contre couche moyennes, jeunes contre vieux et j'en passe !

Pourtant c'est une partie de plus en plus importante de la population qui a intérêt à une autre société contre cette toute petite minorité de privilégiés !

A nous d'être plus forts qu'eux pour changer le cours de l'histoire.

Certes la situation politique à gauche paraît complexe, sans perspective ; la gauche est désunie, le PS désespère par son manque d'ambition, sa crainte de vrais changements. Mais le foisonnement d'idées dans tous sens n'est il pas aussi une richesse dont peut naitre un vrai projet de société, alternatif à ce capitalisme financier mondialisé destructeur.

Les communistes ne sont pas les derniers dans le domaine des propositions, loin de là et ils les mettent en débat en permanence.

Des idées, il y en a, sur l'emploi avec une sécurité emploi formation, sur les services publics, sur l'environnement, sur une société plus démocratique et les communistes les mettent en débat, sans rien fermer, car il faut rassembler, rassembler tous ceux qui ont intérêt à un changement de société, pour mettre un terme à la politique dévastatrice des Sarkozy et autres.

Dès le lendemain des élections européennes, le PCF a pris l’initiative de lancer un appel au rassemblement le plus large à gauche pour résister à la droite et construire une alternative. Les communistes cherchent le rassemblement le plus large à gauche sur la base d’un contenu qui permette à nos concitoyens de vivre et de construire leur avenir et celui de leurs enfants. Les élections et notamment l’abstention volontaire de nombreuses et nombreux électeurs ont montré un rejet des politiques suivies en Europe et en France. C’est normal, ces politiques produisent du chômage et détruisent la planète en soumettant toute décision à la recherche du profit immédiat le plus élevé ; elles s’opposent aux progrès des salaires et remettent en cause les services publics ; elles s’appuient sur la peur de l’autre et la mise en concurrence de tous contre tous. La question d’une alternative a ces politiques reste donc la question centrale. Elle ne peut se construire que par un travail en commun entre partis de gauche, entre militantes et militants politiques, associatifs ou syndicaux dans le respect du rôle de chacune et chacun. Cette démarche a vocation à s’adresser a tout le monde à gauche, comme une invitation à dépasser les intérêts partisans.

Les élections europennes ont bien montrée que l'union est toujours souhaitée et soutenue. Il faut en construire les contours les plus efficaces à partir des contenus. Dans ce cadre, le Front de gauche n’a pas de frontières à gauche. L’espoir qu’il a suscité lui donne obligation de s’ouvrir encore. Les communistes veulent en débattre collectivement entre eux et avec tous les partenaires potentiels d’un renouveau à gauche sans a priori sur les contours du rassemblement.

Face au Président de la République qui utilise la crise ou le résultat des élections pour poursuivre ses réformes et aggraver sa politique de précarité de l’emploi, de réduction des salaires et de la dépense publique, il faut être en mesure de définir les contours d’une autre politique seule à même de rassembler une majorité populaire. Mettons-nous au travail et proposons largement à nos amis, nos voisins, nos collègues de rejoindre le PCF pour ce grand objectif.

Le PCF prend des initiatives de rencontres appuyées sur les nombreux contacts qu’il a eus dans la campagne. Il faut créer un espace de débat public démultiplié dans toute la France en liaison avec les luttes nécessaires pour s’opposer aux conséquences de la crise.

Nous voulons donner suite à nos initiatives pour le relèvement du SMIC, pour un Grenelle des salaires, pour empêcher les licenciements boursiers. Il faut poser la question de la compatibilité d’un développement durable avec les choix libéraux de Bruxelles et de Nicolas Sarkozy en matière de transport ou d’énergie par exemple. Poser les jalons d’une nouvelle façon de produire s’appuyant sur une autre utilisation de l’argent et du crédit.

Et puis, vous le savez, vous pouvez toujours compter sur les communistes pour être à vos côtés pour vous défendre et proposer, vous pouvez toujours compter sur les élus communistes. Encore tout récemment, ce sont les élus communistes de Revin qui sont monté au créneau par rapport à la suppression des transports scolaires à midi. La mairie, le conseil général se cachent derrière leur réglementation et oublient les enfants, les familles. Et si seulement le conseil général faisait un geste pour diminuer le prix de la restauration scolaire pour les familles les plus modestes, comme l'a fait le conseil régional ! Elue régionale, je passe mon temps à dire que c'est bien insuffisant ce qui est fait, mais c'est mieux que rien ! Pour rester dans le domaine des établissements scolaires, j'ai récemment rencontré des responsables syndicaux et discuté des TOS, ces personnels des collèges et des lycées récemment décentralisés les uns aux conseils généraux, les autres aux conseils régionaux. Je voulais faire le point sur la déprécarisation des personnels par le conseil régional, car je suis insatisfaite : je rencontre encore régulièrement des personnels des lycées en contrat précaire, mais en discutant avec les responsables syndicaux qui ont une vision plus globale que la mienne, c'est le conseil régional a fait un bon boulot pour transformer des contrats précaires en emplois statutaires, le conseil général supprime 20 emplois à la rentrée prochaine. Et oui, la droite au conseil général et la gauche au conseil régional, ce n'est pas pareil !

L'avenir appartient à ceux qui luttent ! Vivent les rassemblements contre Sarkozy et les maîtres de la finance destructeurs !

Merci de votre attention et place au spectacle !


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