8 mars 2009

Journée internationale pour le droit des femmes.


A cette occasion, les élus communistes ardennais ont souhaité ne pas faire du bla bla, mais engager un véritable travail : faire signer dans leurs communes la charte pour l'égalité des hommes et des femmes dans la vie locale.

Voilà l'introduction à cette soirée d'engagement dans le travail que j'ai fait :

"L’égalité des femmes et des hommes est un droit fondamental pour tous et toutes, et constitue une valeur capitale pour la démocratie. Afin d’être pleinement accompli, ce droit ne doit pas être seulement reconnu légalement mais il doit être effectivement exercé et concerner tous les aspects de la vie : politique, économique, sociale et culturelle.

En dépit de nombreux exemples d’une reconnaissance formelle et des progrès accomplis, l’égalité des femmes et des hommes dans la vie quotidienne n’est pas encore une réalité. Les femmes et les hommes ne jouissent pas des mêmes droits dans la pratique. Des inégalités politiques, économiques et culturelles persistent - par exemple les disparités salariales et la sous-représentation en politique.

Ces inégalités sont le résultat de constructions sociales qui se fondent sur les nombreux stéréotypes présents dans la famille, l’éducation, la culture, les médias, le monde du travail, l’organisation de la société… Autant de domaines dans lesquels il est possible d’agir en adoptant une approche nouvelle et en opérant des changements structurels."

Je viens de vous lire là une partie de l'introduction de la charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale.

Les collectivités qui s'engagent à signer cette charte s'engagent non pas à quelques belles paroles, mais bien à agir concrètement pour l'égalité des femmes et des hommes.
Et la question de l'égalité des femmes et des hommes, ce n'est pas seulement la question d'une journée, le 8 mars, ce n'est pas seulement la question des femmes, c'est un combat émancipateur pour l'ensemble de la société.

Se donner les moyens dans une collectivité pour que les femmes participent à la vie politique, participent à la vie démocratique de la cité ou du territoire, c'est se donner les moyens de développer la démocratie en travaillant à lever les obstacles à l'exercice par les femmes et les hommes de leur citoyenneté.

S'engager à contrer et à prévenir autant que possible les préjugés, pratiques, utilisations d’expressions verbales et d’images fondées sur l’idée de la supériorité ou de l’infériorité de l’un ou l’autre des deux sexes, ou sur des rôles féminins et masculins stéréotypés, c'est engager un travail sur les mécanismes de toutes les discriminations et se donner les moyens de les combattre

Promouvoir l’égalité des femmes et des hommes dans tous les aspects de l’emploi, y compris l’organisation du travail et les conditions de travail, c'est aussi reconnaître le droit à la conciliation de la vie professionnelle, sociale et privée, ainsi que le droit à la dignité et à la sécurité au travail.
Vous voyez bien, cela dépasse largement la seule question des femmes !

Le charte pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, c'est aussi des actions dans des domaines aussi divers que la santé, le logement; la culture, le sport, l'accès aux services publics …

Je l'ai dit, le principe de cette charte, ce n'est pas du virtuel, c'est de travailler dans la réalité et les  signataires de cette Charte s'engage à d’élaborer dans la plus grande concertation et d’adopter dans un délai raisonnable (ne pouvant excéder deux ans) suivant la date de la signature son Plan d’action pour l’égalité. Il s'engage bien évidemment ensuite à le mettre en œuvre.

La crise financière, économique, sociale, actuelle exacerbe les discriminations vis à vis des femmes, tendant à promouvoir un peu plus le fait qu'en période de chômage, il faudrait réserver le travail aux hommes. Elle exacerbe d'ailleurs les réactions les plus régressives comme le repli sur soi, le rejet des étrangers. Mais elle ouvre aussi à la critique radicale, transformatrice de notre société marquée par l'exploitation et au rassemblement de tous les exploités, les dominés pour dépasser cette société génératrice de pauvreté, d'exclusions, de discriminations. Nous sommes à un tournant : le capitalisme va t-il se sortir de cette crise qu'il a créé en dépassant ses contradictions actuelles et une situation qui tend à mettre en cause les profits qu'il réalise dans la production, parce qu'il va réussir à exploiter un peu plus les salariés; comme la casse du droit du travail et d'autres mesures du même acabit lui permet et parce qu'il va trouver de nouveaux champs de profits, dans la santé par exemple et le projet de loi Bachelot actuellement en discussion à l'Assemblée Nationale met le système de santé français en état pour développer les profits sur le dos des malades ? Le capitalisme va t-il sortir renforcé de cette crise ? Où les forces de progrès vont elles mettre un coup d'arrêt à ces politiques dévastatrices ?

Plus que jamais, il importe donc pour les communistes et leurs élus d'être force de propositions et d'actions. C'est pourquoi, nous avons souhaité faire du 8 mars pas une journée de parlottes bien pensantes où l'on s'attendrit sur le sort des femmes que l'on oublie dès le 9 mars, mais une journée d'engagement dans l'action.
C'est pourquoi tout à l'heure, des représentantes des élues communistes dans un certain nombre de municipalités ardennaises vont s'engager à agir pour la signature de cette charte dans leur commune, vont s'engager aussi, bien évidemment à suivre la mise en place de cette charte quand elle sera signée !
Je voudrais ici remercier de cet engagement
Françoise Charlier, au nom des élus communistes de Charleville Mézières
Renée Nivelet au nom des élus communistes de Revin,
Josiane Rambourg à Nouzonville
Excuser Anita Bogovic qui ne peut être ici ce soir mais qui partage cet engagement et le portera à Bogny sur Meuse
et souhaiter bon courage à Régine Henry, seule élue communiste à Sedan pour y porter cet engagement.
Le Conseil Régional s'est engagé dans cette démarche il y a un an et demi maintenant et j'ai rappelé tout à l'heure à la conseillère régionale déléguée au droit des femmes le délai de deux ans pour élaborer son plan d'action, mais déjà un certain nombre d'actions prennent mieux en compte cette problématique : je vais par exemple avoir le plaisir de proposer lors de la prochaine session du conseil régional le premier dispositif de formation tournée vers ceux et celles qui subissent un travail à temps partiel contraint et l'on sait que ce sont le plus souvent des femmes qui n'ont pas les qualifications nécessaires pour avoir un travail digne de ce nom. Ce dispositif ne s'adressera pas, comme l'UMP l'aurait souhaité, et je crains malheureusement aussi le PS exclusivement aux personnes en contrats aidés, mais bien à toutes celles et ceux qui sont à temps partiels contraints. Il ne s'agit en effet pas de palier le désengagement de l'Etat dans la formation des contrats aidés, mais bien d'inventer de nouveaux modes de formations adaptés au travail à temps partiel, adapté aux réalités des femmes avec les enfants à aller chercher à l'école, adapté aux chefs de famille monoparentales ….. Dans un premier temps d'expérimentations nouvelles , il va s'agir pour dépasser les contraintes, de chèque formation permettant aux salariés à temps partiels les moins qualifiés d'acccéder à des formations préparatoires à des formations qualifiantes, en partie en formation à distance, en partie en présenciel, complément indispensable à un véritable accompagnement dans la formation, même cela est générateur de contraintes.
Le conseil régional de Champagne Ardenne n'est évidemment pas la seule collectivité française à s'être engagé dans cette démarche de la charte pour l'égalité femme homme dans la vie locale : d'autres régions l'on fait, des départements, comme celui du Val de Marne, des communes de toutes tailles de Paris à des communes comme Ste Florine, c'est en Haute Loire, il y a 3000 habitants, mais aussi des communautés d'agglo : Dijon et Grenoble, en tout, d'après une liste récente (de début février) 48 collectivités en France, c'est fort peu, aucune en Champagne Ardenne, à par la région, évidemment, à l'initiative des élus communistes d'ailleurs.
Avant d'en venir au terme de cette introduction et au moment des signatures, un dernier commentaire : il s'agit d'une charte européenne, et l'on voit bien l'effet d'entraînement d'une Europe telle qu'on la voudrait, facteur de progrès et Joachim nous a d'ailleurs ramené des CD réalisés dans le cadre d'un projet européen pour favoriser l'insertion des femmes dans l'emploi.
Mais peut être était ce trop demandé à l'Union européenne dans son état actuel, car en préparant cette intervention, j'ai trouvé le compte rendu  de la conférence du Conseil des Communes et Régions d'Europe  sur les actions locales pour l'égalité de février 2008. J'en cite une phrase : "De nombreux intervenants ont eux aussi regretté que la Commission européenne ait soutenu l'élaboration de la charte mais ne prévoie plus de soutien pour l'avenir."
L'émancipation féminine serait elle un danger pour l'Europe dans sa construction actuelle ultralibérale ?
Car rappelons nous le projet de constitution européenne : au delà d'un affichage formel pour l'égalité, de nombreux droits essentiels pour les femmes (notamment le divorce, la contraception, l'avortement) n'étaient pas reconnus et ne sont pas plus reconnus par le traité de Lisbonne !
Mais au delà, c'est la mise en concurrence des salariés sous tendu par le principe de libre concurrence qui aggrave les conditions de travail et qui fait qu'il est impossible de concilier correctement vie professionnelle sociale et privée, une conciliation qui  comme je le disais tout à l'heure est particulièrement importante pour les femmes, mais tous ont à y gagner.
En juin prochain auront lieu les élections européennes. Ce sera l'occasion de donner un coup d’arrêt aux choix rétrogrades, réactionnaires, antisociaux et antidémocratiques de l'Europe actuelle et du pouvoir Sarkozien.
A l'automne, le parti communiste a lancé un appel au rassemblement de tous ceux qui veulent changer d'Europe. Sans doute la réponse n'a pas été aussi large que nous pouvions le souhaiter, mais  le parti de la gauche nouvellement créé par Jean Luc Mélenchon a répondu présent et le Front de Gauche est en train de s'organiser, de travailler à l'élaboration de ses listes. Il va continuer à s’adresser à tous ceux qui veulent construire une autre Europe en rupture avec l’orientation libérale du traité de Lisbonne : aux partis politiques comme aux citoyens pour qu’ensemble nous changions vraiment la donne.
Le site du conseil des communes et régions d'Europe
à l'origine de la charte pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale
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