S'indigner !

Le livre de Stéphane Hessel a mis en lumière ce que chacun d'entre nous ressent de la situation actuelle : la nausée, la nausée devant les injustices qui croissent dans le monde et en France, la nausée devant la souffrance des peuples, la nausée devant le gâchis du capitalisme financier.
Les rapaces de la finances ont créé de toute pièce une crise financière ; les états ont renfloué les caisses des banques et maintenant on nous dit qu'il n'y a plus de sous dans les caisses pour l'école, la santé, pour tous les services publics, pour tout cet "en commun" de notre société.
La Grèce est au bord du gouffre : et bien figurez vous que Mario Draghi dont le nom ne vous dit sans doute pas encore grand chose, a été responsable pour l’Europe de la banque d’affaire mondiale, Goldman Sachs qui a joué un rôle majeur dans la crise grecque en aidant la droite de ce pays à dissimuler la situation, tout en permettant à la banque d'empocher des centaines de millions de dollars. Et bien, figurez vous que ce Mario Draghi, qui a agit en vrai pyromane de la crise qui touche la Grèce, vient d'être nommé gouverneur de la Banque Centrale Européenne
Oui, c'est la nausée devant cette élite financiairo-politique, et avec ces amis du Fouquet's, le président de la République montre bien la proximité des liens de l'UMP et du monde de la finance, c'est la nausée devant cette élite qui joue au monopoly avec des milliards de milliards de dollars et d'euros sur le dos des peuples, qui jette dans la misère aujourd'hui les Grecs, demain les Espagnols ou les Français.
C'est la nausée quand on voit le mépris d'Idéal Standart pour la population revinoise : juste ce qu'il faut pour acheter le silence des ouvriers et ce n'est pas eux que l'on peut blâmer : ils essaient juste de survivre dans cette histoire : tout a été fait pour que cela se passe en douceur, du départ de la fonderie à la manifestation à laquelle ont eu le culot de participer tous les suppots du capital dans les Ardennes, pour que cela se passe en douceur, pour que les responsabilités terribles d'Idéal Standart dans la ruine de l'économie revinoise ne soient pas mises en évidence
Je faisais allusion au départ de la fonderie en 2007 : on est en train de découvrir que les salariés repris par Oxame ont été rackettés. La ténacité de ses délégués syndicaux a permis de savoir que les 2M d'euros prévus pour le PSE en cas de liquidation dans les deux ans devaient revenir aux salariés sous forme d'actions de leur entreprise au terme des deux ans. On connaît la suite : la liquidation à peine plus de deux ans après la reprise, sans que les salariés n'aient vu la couleur de cet argent, sans qu'ils n'aient eu leur mot à dire dans la gestion désastreuse de leur entreprise comme ils l'auraient pu s'ils avaient réellement été actionnaires. Et on ne connaît toujours pas le contenu exact de l'accord entre Idéal Standart et Oxame : quel mépris pour les salariés. Il est urgent que les salariés aient de véritables droits de gestion dans les entreprises.
Ce serait bien utile aussi pour Electrolux dont le devenir est de plus en plus incertain, suspendu aux décisions du groupe suédois : comme Idéal Standart, Electrolux n'a que faire de Revin : ce qui compte, ce sont les dividendes des actionnaires !
C'est la nausée quand on voit le peu de cas fait de Revin par le préfet : le nouveau schéma intercommunal raye simplement Revin de la vallée de la Meuse ! L’objectif de la réforme territoriale votée par la droite est, entre autre, de réduire les compétences de l’échelon communal et par là même de réduire tant les dépenses publiques que les possibilités démocratiques. Alors, le préfet ne s'est pas embarrassé des concertations qui seraient indispensables pour une vraie intercommunalité source de solidarité entre les communes, de mise en commun d'équipements : il s'est plié au diktat des élus de droite, ceux de la Pointe en particulier.
C'est la nausée quand on voit la dégradation de l'accès aux soins : j'enchaîne sur ce sujet, car figurez vous que le directeur de l'Agence Régionale de Santé vient de définir ce qu'il appelle des territoires de premier recours, les territoires au sein desquels on doit pouvoir trouver un accès à un médecin généraliste, à une pharmacie, à une infirmière et ces territoires sont tragiquement immenses, mais comme il ne voulait pas que l'on puisse multiplier les critiques, et celle de la taille est majeure, ces territoires obéissent à des logiques de vie : le territoire nord ardennes englobe la pointe et Revin faisant un territoire à part pour la communauté de communes Meuse et Semoy. Je vous laisse faire la comparaison avec la carte de l'intercommunalité !
C'est la nausée devant la remise en cause des remboursements des soins : figurez vous qu'un décret paru au journal officiel la semaine dernière supprime de la liste des affections de longue durée permettant des remboursements à 100% l'hypertension artérielle sévère au motif qu'il s'agit uniquement d'un facteur de risque, pas d'une maladie !
Il s'agit là d'une conception de la santé tout à fait particulière condamnant la notion même de prévention: cela veut dire qu'il n'est pas important que les gens se soignent pour éviter d'avoir une insuffisance cardiaque, une attaque cérébrale ... On les prendra en charge à 100% quand ils seront paralysés. Curieuse manière de faire des économies.
Il s'agit en plus d'une décision sournoise : pour éviter trop de protestations, cette décision ne touche pas ceux qui ont actuellement cette prise en chargemais uniquement des nouveaux malades, qui ne sauront sans doute jamais qu'avant ce décret mortifère ils auraient eu une prise en charge à 100% !
C'est la nausée devant les conditions de travail : la recherche de la rentabilité maxima, que ce soit dans le privé ou le public, mais le public veut maintenant se targuer d'avoir des critères de gestion dignes du privé, se fait au détriment des salariés, contribuent à la casse des rapports de solidarité au travail, usent prématurément les nerfs quand ce n'est pas le corps, au moment même où la loi inique sur les retraites est mise en place et depuis vendredi ceux qui atteignent leur soixante ans devront attendre quatre mois de plus pour prendre leur retraite, ce délai devant s'allonger progressivement au cours des mois à venir. Mais sans même attendre la mise en œuvre, le chômage de ceux que pudiquement les statistiques appellent les seniors, explose, témoignant s'il en était besoin de l'absurdité de cette loi, absurdité sauf pour le capital : moins de retraites, c'est aussi moins de charges pour lui et cela permet de garder toutes les raisons d'exonérations de charges, toutes aussi improductives les unes que les autres et dans les Ardennes, on est bien placé pour savoir que la zone franche généralisée au département, si elle a permis aux entreprises de réduire leurs dépenses, n'a pas créé un emploi : à quand une vraie réforme des cotisations sociales, qui comme le proposent les communistes serait dynamique et taxerait d'autant moins les entreprises qu'elles sont créatrices d'emploi de qualité, bien rémunérés et inversement !
C'est la nausée devant les atteintes aux libertés, la stigmatisation des étrangers, des jeunes, des fous, c'est la nausée devant une politique sécuritaire qui casse les liens sociaux pour les remplacer par la répression.
C'est la nausée devant la casse des services publics, l'école, la poste etc
C'est la nausée devant la dégradation de l'environnement dont le seul responsable est le capitalisme, même si il est de bon ton de culpabiliser chacun d'entre nous
Je vais m'arrêter là dans la description de notre société : oui il y a beaucoup, beaucoup de raisons de s'indigner.
Mais cela ne suffit pas ! Il faut agir et d'ailleurs, notre peuple l'a bien compris puisque nombreux sont ceux à s'être levés dans la bataille des retraites, mais aussi ici et là pour telle ou telle cause en nombre, même si le pouvoir en place, et les médias qui lui sont inféodés veulent minorer la résistance à la politique de N. Sarkozy et du capital.
Les communistes prennent leur responsabilité dans le rassemblement de tous ceux qui se lèvent, dans le rassemblement de tous ceux qui aimeraient bien se lever : c'est le sens de la création du Front de Gauche, une manière différente de porter la politique pour la faire avec avec les gens : place au peuple !
Une conception différente de la politique, c'est entre autre la volonté d'une autre constitution élargissant les droits des citoyens pour qu'ils puissent intervenir dans la gestion de leurs entreprises, d'une constitution débarrassée du présidentialisme qui annule toute possibilité de vrai débats démocratique dans le pays et ce rejet du présidentialisme s'exprime dès la conception même des campagnes électorales qui seront menées en 2012 : des campagnes collectives autour du candidat du Front de Gauche à l'élections présidentielle et des candidats aux élections législatives qui suivront.
Un important débat vient d'avoir lieu dans les rangs du parti communiste français sur la conception de ce front de gauche et je ne serais pas complète dans mon propos si je ne disais pas que les décisions adoptées majoritairement par le PCF ne sont pas celles qui étaient souhaitées majoritairement par les communistes ardennais : mais il s'agit là sans doute de débats de militants initiés, non pas d'ailleurs à une politique politicarde, mais à une recherche du toujours mieux et cela cause de nombreux débats !
Mais ce qui compte pour les gens, c'est bien l'espoir soulevé par la capacité de rassemblement du Front de Gauche avec ses différentes composantes, le Parti de Gauche, la Gauche unitaire, le Parti communiste français évidemment, maintenant rejoint par d'autres groupes de militants
Ce qui compte, c'est bien le rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas de cette Europe des rapaces de la finance : l'unité contre le traité constitutionnel en 2005 avait permis le triomphe du non au référendum, même si depuis, nous nous sommes faits voler la victoire : le rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas de cette Europe des rapaces répond à l'aspiration du peuple qui n'en a que faire des débats internes des formations politiques mais veut se rassembler pour peser dans la politique de la France, pour permettre à notre pays d'avancer vers une société plus sociale, plus solidaire, plus démocratique, plus écologique.
Et le Front de gauche a son programme, même s'il reste encore à enrichir un programme populaire partagé avec de grands axes autour du partage des richesses pour abolir l'insécurité sociale, ce qui suppose de reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, autour d'un développement économique tourné vers la satisfaction des besoins dans le respect de l'environnement ce qui suppose un renouveau industriel, la lutte contre la marchandisation des biens communs, autour d'une nouvelle république, j'en ai déjà parlé, car cela conditionne l'organisation même de la campagne, autour d'une autre construction européenne.
Un mot là pour dire que l'on ne peut pas se contenter de solutions simplistes comme la sortie de l'euro, hautement dangereuse par la spéculation qu'elle entraînerait avec ses répercussions sur les salaires, l'aggravation de la crise, mais que le Front de Gauche veut avancer dans le cadre d'une transformation du rapport des forces sociales en Europe, de l'irruption des peuples prenant en main leur destin : pas repliement sur nous mêmes mais développement de la solidarité entre les peuples, de l'internationalisme.
Car le Front de Gauche a pour but l'émancipation humaine.
Au delà de ce qu'en disent les médias, le Front de gauche ne signifie pas dissolution du parti communiste : la crise du capitalisme impose plus que jamais un véritable changement de société et ce sont les idées communistes qui sont à l'ordre du jour : les communistes auront d'ailleurs à cœur de mettre en avant leurs idées car tout replatrage, toute concession au capitalisme seraient, comme en 1981, comme en 1997, source d'échec : la fusion des partis dans le Front de Gauche serait contraire à la nécessaire production d'idées nouvelles, au nécessaire débat démocratique, seul à même de nous permettre d'avancer vers une société meilleure
S'indigner, cela ne suffit pas ; il n'est pas non plus question d'attendre passivement 2012 sans agir : et les communistes prennent aussi leur responsabilité aussi dans l'action avec une campagne en cours contre la vie chère : Hausse des prix, gel des salaires et baisse du niveau de vie ! Gaz, électricité, logement, matière première. Face aux mesures d'austérité, des milliers de français ne semblent plus pouvoir subvenir à leurs besoins élémentaires. Nous avons entamé une campagne de pétition qui va durer tout au long de l'été : un premier paquet de pétitions a été remis au ministère des finances à la veille de la conférence nationale du parti, mais l'intention est bien de développer ce front contre la vie chère.
Oui, les communistes font front !
Le parti communiste est plus vivant que jamais, comme en témoigne cette fête ici aujourd'hui et je voudrais féliciter les militants de Revin pour la tenue de celle-ci, sa réussite.
Bonne fête !


Meeting de lancement de la campagne
du Front de Gauche

Paris le 29 juin 2011


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