Disgressions sur les élections régionales






Le curé Meslier
















Les élections régionales auront lieu les 14 et 21 mars.

La victoire de la gauche en 2004 a permis de travailler à la fédération des territoires plutôt qu'à leur mise en concurrence, de développer la solidarité :
une politique de gauche et une politique de droite, ce n'est pas la même chose !

Les élu-e-s communistes ont joué un rôle décisif dans de nombreux domaines
, avec la mise en place du Pass'solidaire dans les TER, avec la création du réseau public régional de formation professionnelle, mais aussi avec la création de la délégation à l'égalité entre les femmes et les hommes, avec la modulation sociale des tarifs de restauration dans les lycées... En cliquant ici, vous trouverez la plaquette réalisée par le groupe communiste au conseil régional pour présenter le bilan de son action.

Mais la vie est toujours dure pour nombre de familles de notre région
, plus dure même pour certaines du fait de la crise et, bien que l'on parle de reprise, 900 000 heures de chômage partiel ont été demandées en septembre dans la région dont les trois quarts dans les Ardennes. La réduction de l'intérim et des CDD peut être évaluée à l'équivalent de la suppression de 2000 emplois dans les Ardennes, sans parler des suppressions d'emploi dans les services publics.
 
On nous a fait le coup de la « moralisation du capitalisme ». En réalité, rien n’a changé. Les actionnaires du CAC 40 sont à la fête pendant que le chômage explose. La spéculation repart à la hausse, en compressant encore plus l’emploi et le pouvoir d’achat.

La crise n'est en fait rien d'autre qu'un passage obligé pour le capitalisme afin de de façonner la société pour augmenter ses profits : accélération de l'exploitation des salariés dans l'industrie, privatisation des services publics, devenant source de profits. La droite européenne, au service du capital, utilise le contexte actuel pour accélérer la casse des solidarités et le valet du capitalisme français, N. Sarkozy, met le turbo. Sa réforme des collectivités par exemple, participe de la réduction des dépenses publiques au service des populations en limitant les ressources des communes, départements et régions tout en réduisant les possibilités d'expression démocratique.

Cela impose une nouvelle étape dans la politique régionale, plus courageuse dans la solidarité, plus courageuse dans la restructuration d'une économie au service des femmes et des hommes de notre région, plus courageuse dans l'affrontement nécessaire avec le patronat et la droite.

Deux « détails » issus de notre dernière session plénière (désolée, je voulais mettre un article sur mon blog à ce sujet, et puis j'ai été prise par d'autres activités !) pour illustrer ce que je pense quand je parle de plus de courage :

- le voeu selon lequel le conseil régional se joint à l'appel pour l'ultimatum climatique. Evidemment, les communistes n'avaient aucune raison de ne pas s'associer avec le PS sur ce voeu : l'écologie est pour nous une priorité, et il n'y a pas dans ce texte de ces contre-vérités écologiques, comme savent le dire parfois les Verts, mais en fait cet appel est surtout fait de bonnes intentions et c'est un conseiller régional communiste, Sylvain Dalla Rosa, qui s'est exprimé pour dire le fond des choses : la planète est surtout malade du capitalisme !

- le rapport sur les solidarités : l'appel à projets initiatives citoyennes et solidaires pour l’égalité et la jeunesse fait au printemps et qui a trouvé sa conclusion lors de la dernière commission permanente semble recueillir un assentiment général. Et j'ai du intervenir pour dire que si je me réjouissais que la région ait enfin une politique en direction des associations (hors la politique de formation), je pensais qu'il fallait retravailler le dossier pour ne pas intervenir au même niveau que les communes et les conseils généraux qui, à juste titre aident les associations de leur territoire, mais que notre politique devait avoir pour but d'aider à la structuration de la présence associative sur tous les territoires régionaux. J'ai été brève et je pense, relativement diplomatique, mais, même si je considère que les projets aidés sont des projets de valeur, aider à 32 projets d'associations en région, cela ne fait pas une politique associative, pour ne pas dire que le risque de dérive clientèliste est là, alors que d'une part, les contrats de pays pourraient avoir un versant « associatif » pour contribuer à l'équité territoriale et permettre aux zones les plus défavorisées de la région d'aider plus leurs associations et d'autre part il serait utile de passer des conventions avec les grands réseaux associatifs de la région pour les aider à développer des politiques à l'égard des jeunes par exemple, avec des objectifs définis en fonction des priorités régionales.

Oui, la situation impose de franchir une nouvelle étape. Et il faut rapidement se donner des objectifs et construire un programme.

- développement économique : il faut retravailler la question des aides économiques pour une plus grande lisibilité et une plus grande utilité, en résistant au chantage (« si tu ne me donne pas d'aides, j'irai m'installer ailleurs ! »), accentuer encore le soutien à l'économie sociale et solidaire en agissant par exemple sur la mise en place des circuits courts, développer les filières d'une économie respectueuse de l'environnement : déconstruction automobile, construction bois.

- formation : le dossier du prochain mandat sera évidemment la mise en place effective de l'ensemble du réseau public régional de la formation professionnelle, mais surtout, je suis de plus en plus persuadée que ce qui manque le plus dans la formation, c'est l'intervention citoyenne ! Donner à tous les éléments de compréhension des problématiques et la possibilité d'intervenir dans les choix est la seule possibilité pour que les formations répondent aux besoins et que les gens aient envie de se former.
La formation des demandeurs d'emploi souffre de la situation catastrophique de Pôle Emploi, mais je suis persuadée que c'est bien auprès de Pôle Emploi que les demandeurs d'emploi doivent trouver les informations nécessaires à une entrée en formation et qu'il ne convient pas de créer un succédané de l'ANPE en région qui prescrirait les formations aux chômeurs. Il faut au contraire oeuvrer à une transformation progressiste de Pôle Emploi, mis au service des demandeurs d'emploi et non au service de leur radiation, élément du grand service public national de l'emploi et de la formation qui est nécessaire. La région doit donc contribuer à la mobilisation citoyenne pour ce grand service public et pour l'amélioration de Pôle Emploi.

Je n'ai pas répondu à Christine Noiret lors de la session plénière du conseil régional qui regrettait de ne pas avoir été invitée aux réunions de préparation du programme régional de formation, car je ne me voyais pas lui dire : "l'année prochaine on vous invitera", élections en mars oblige. Mais si elle a posé cette question cette année, c'est bien parce que, au fil des années, on a réussi à transformer des réunions techniques en réunions politiques au sens noble du terme et que progressivement les invités ont compris l'intérêt de leur participation et l'ont raconté. Et effectivement, le succès de cette année doit permettre de passer à une autre étape l'année prochaine (j'avais été déprimée par la pauvreté de la réunion sur le bassin rémois en octobre 2008 ; cette année, la réunion avait une autre tenue !) dans laquelle il ne faudra pas perdre la rigueur des techniciens du conseil régional, de Pôle Emploi et des missions locales, si on ne veut pas partir dans des déclarations de bonnes intentions, mais élargir encore la participation aux élus des territoires, ne pas se limiter aux membres du CESR comme témoin du monde de l'entreprise, mais inviter les organisations syndicales ...

Et la contribution régionale à la formation des salariés nécessite aussi de donner davantage la parole aux salariés, à leurs représentants si l'on veut qu'elle permette réellement une élévation des qualifications en région. Et comme la formation n'est pas le sujet le plus discuté dans les comités d'entreprises, sans parler des entreprises sans CE, il faut développer les initiatives permettant aux salariés et à leurs organisations syndicales de s'intéresser à ces questions.
C'est d'ailleurs très lié à l'intervention nécessaire des salariés également dans les questions économiques et si une loi est indispensable pour donner plus de pouvoirs aux salariés dans l'entreprise, les régions peuvent aussi avoir leurs exigences dans ce domaine quand elles aident.
Encore faut il en avoir la volonté ! Mais seule l'intervention citoyenne permettra d'inverser le cours d'un développement économique qui se fout actuellement des populations.


De ce point de vue, je regrette le nombre de mois qui se sont écoulés depuis que les organisations syndicales ont demandé la tenue d'une conférence de l'emploi en région et je m'inquiète de sa tenue jeudi : on va parler de tout en une matinée, autant dire de rien, sans les temps de débats nécessaires entre les différents intervenants ! Oui, il faut le courage du débat démocratique.
Et en plus cela va être un comité de veille partenarial mutarev élargi : autant dire que cela va remplacer une réunion de cette instance que nous avons créé et qui se réunit si peu souvent, car si le président a fini par lâcher sur la création de ce comité, il donne à ses services des consignes pour une organisation vide, alors que cela pourrait être un lieu d'exigence d'une autre utilisation du crédit par exemple. 

J'arrête là mes divagations de la soirée : il faudrait encore parler lycée (au fait la modulation des prix de la restauration selon les revenus des familles doit franchir une nouvelle étape pour représenter une aide véritablement significative et atteindre environ la moitié du prix du repas), agriculture, aménagement du territoire (à quand un vrai schéma d'aménagement du territoire régional faisant l'objet de discussions publiques : il y aurait tant à dire par exemple sur la formation), environnement, culture, transports évidemment...

Et finances !

Un mot sur la santé qui n'est pas une compétence régionale mais qui est un exemple manifeste de l'intérêt pour les régions de garder une compétence générale. L'Etat organise la santé autour des Agences Régionales de la Santé, avec un directeur d'agence, véritable préfet de police sanitaire. Face à lui, c'est évidemment aussi au niveau régional que doit s'organiser un contre pouvoir et les élus régionaux, le conseil régional, ont donc un rôle tout particulier à jouer pour élaborer des contre projets des schéma régionaux d'organisation sanitaire et sociale. Cela ne coûtera pas un sou à la région (ce n'est pas sa compétence) mais le conseil régional a une place à prendre pour une organisation démocratiquement décidée à l'opposé de la conception autoritaire de la loi Hôpital Patient Santé Territoires. Encore faut il que le représentant du conseil régional à l'ARS ne soit pas comme actuellement le représentant du conseil régional à l'ARH, sans faire de compte rendus à l'assemblée de sa présence à l'agence régionale !

Il est urgent de mettre toutes ces propositions et bien d'autres en débat dans la population de la région ; c'est autour d'objectifs de progrès que les communistes veulent impulser la dynamique d’un large rassemblement des hommes et femmes de gauche pour ne pas laisser la droite faire main basse sur la région.

C'est beaucoup plus intéressant qu'un débat sans fin sur les arguments pour ou contre une alliance dès le premier tour avec le PS.

Je l'ai dit au Conseil National du PCF : les élus sortants doivent faire leur bilan. Ils ne peuvent justifier par ce bilan la reconduction automatique d'une alliance dès le premier tour avec le PS. Ce n'est pas aux élus sortants de juger du bilan : c'est aux communistes et plus largement à la population d'en juger et d'en tirer les conclusions éventuelles pour l'avenir.


J'aimerais bien connaître les propositions programmatiques des autres partis ! Mais sans doute y a t-il trop d'élus tétanisés par la peur de perdre leur mandat et devenus incapables de réfléchir à autre chose qu'aux stratégies pour rester conseiller régional !
Si ce n'est que les Champardennais se moquent éperdument de qui est conseiller régional : la majeure partie d'entre eux ne le sait même pas.
Ce qui compte pour eux c'est ce que fera la région dans les quatre ans à venir pour que leur vie devienne un peu meilleure !

Et évidemment ce n'est pas un Warsmann qui fera cela. Encore faut il répondre par des propositions cohérentes à la démagogie de la droite !
ALTERNATV
Le blog de Michèle Leflon