Rapport Couture, encore loin du compte

Le rapport remis en ce début d'année, par le chargé de mission du gouvernement P.F. Couture, en vue d'élaborer un contrat de développement économique des Ardennes est loin de répondre aux besoins de notre département. Il est, notamment, proposé de développer les zones d'activités économiques, ce que s'emploient à faire les collectivités depuis de nombreuses années avec les résultats que l'on connaît. Nous serions d'ailleurs curieux de connaître les fameux projets d'investissements industriels ou tertiaires, correspondant à 2000 emplois, qui auraient capoté dans les Ardennes faute de surfaces foncières à offrir. Pour le reste, il s'agit ou de choses déjà connues ou de propositions qui ne méritent pas la tenue d'un comité interministériel d'aménagement du territoire.

Outre sa fadeur, ce rapport soulève plusieurs inquiétudes. Ainsi, que sont devenues les promesses faites en novembre dernier, au moment de la lutte des Thomé Génot, d'un plan de réindustrialisation qui devait viser à créer 500 emplois et annoncé par le Ministre délégué à l'Industrie ? Que devient le groupe Arcelor que l'on avait annoncé comme devant se pencher sur les Ardennes pour assurer son développement économique ? Enfin, alors que l'on sait que dans notre département le secteur industriel et surtout tourné vers la filière automobile, il n'est quasiment pas fait référence aux sous traitants ou équipementiers de l'automobile, sauf pour nous dire que c'est un secteur soumis à la concurrence et qu'il fallait craindre de nouvelles pertes d'effectifs. D'ailleurs, le rapport se garde bien de tirer le bilan de la création d'un pôle régional d'excellence économique, consacré à la sous-traitance automobile. Pourtant ce dernier avait été annoncé à grand renfort de déclarations médiatiques à l'occasion de la signature du contrat territorial en 2004. Enfin, on note l'absence chronique de référence au maintien et au renforcement des services publics, indispensables pour un aménagement harmonieux du territoire.

Si l'Etat est décidé à soutenir véritablement les Ardennes, par des aides exceptionnelles, ce qui est loin d'être le cas, nous soutiendrons, pour notre part, tous les projets même les plus minimes, mais ce n'est pas rendre service à notre département que d'élaborer des plans à minima. Nous pensons que seule une politique de réindustrialisation permettra un nouvel élan économique notamment en s'appuyant sur la filière automobile.




Sylvain DALLA-ROSA
Secrétaire départemental du P.C.F.