Revin le 17 mars






























Chères amis, chers camarades,

Permettez moi tout d’abord de vous remercier de la confiance que vous nous faites. Avec Yannick, avec vous tous, nous allons tout faire pour que la représentation de cette circonscription à l’assemblée nationale fasse en sorte que la vie change vraiment, car les idées qui  y seront défendues n’y seront plus de soumission au système économique actuel qui développe les inégalités, la pauvreté, mais de courage pour un nouveau développement au service des femmes et des hommes et non des profits boursiers, un nouveau développement respectueux de la planète que nous laisserons à nos enfants.

Tout va mal en effet, le travail déjà, et n’en déplaise à certains, se dire de gauche, défendre les 35 h et demain les 32 heures, ce n’est pas être paresseux, c’est tout simplement avoir acté que la société a changé, que la productivité a augmenté, qu’il y a des besoins nouveaux, que les femmes travaillent, car précisément, le travail, la participation à la satisfaction des besoins, est constitutif de l’humanité et indispensable à l’émancipation.
Mais la droite, le patronat ne met pas la même chose sous le mot travail. Pour eux, le but n’est pas la satisfaction des besoins des femmes et des hommes, mais celle des profits boursiers et si je n’avais pas peur d’être trop longue, je vous donnerais quelques exemples particulièrement caricaturaux dans l’industrie pharmaceutique pour vous montrer à quel point le but du patronat n’est pas la satisfaction des besoins, mais celui des actionnaires.
Le travail va mal, car trop en sont exclus, car les salaires ne permettent pas de vivre dignement, car les conditions de travail, les relations de travail se dégradent avec l’exacerbation de la mise en concurrence des salariés, salariés contre chômeurs, jeunes contre vieux, intérimaires contre CDI, service public contre entreprises privées.
Trop d’exemples dans notre département témoignent de la casse de la société par la recherche de profits maximum, qu’il s’agisse de Thomé Génot, de Bellevret, de Porcher dont le propriétaire American Standart, veut se débarrasser, avec l’ensemble de sa branche sanitaire, car elle est moins rentable que les autres. Ces derniers jours, c’est Vistéon qui est à la une. Vistéon annonçait à l’automne dernier pour l’horizon 2008, 300 licenciements et le départ de ses 200 intérimaires. Maintenant, Vistéon surfe sur la peur engendrée pour pressurer davantage ses salariés et leur faire porter la responsabilité des licenciements par un chantage aux 35 heures, tandis que les milieux financiers parlent d’une fusion entre Valéo et Vistéon, sous la pression d’un fond d’investissement américain Pardus Capital Management, actionnaire de Valéo.

Mais il n’y a pas que le travail qui va mal, car au nom de cette même religion des profits maximum, l’Etat exonère les entreprises d’impôts, de charges sociales, s’appauvrissant et appauvrissant la sécurité sociale et c’est moins de services publics, moins d’école, moins de santé, moins de retraites, c’est la fermeture de classes à Revin, à Givet, à Nouzonville, à Charleville et j’en ai oublié, c’est une sécurité sociale qui rembourse de moins en moins, un accès aux soins catastrophique en particulier dans la Pointe des Ardennes.

C’est cette loi de l’argent roi, cette mise en concurrence généralisée que nous avons rejetée en votant non au projet de constitution européenne. Bien sur, rien n’a changé depuis ; je dirais même que la situation s’est aggravée, mais c’est compréhensible : ce sont les mêmes qui sont restés au pouvoir. Ce non a montré la possibilité que nous avions de rassembler largement, de faire mentir les médias, les sondages. C’est le moment maintenant de transformer cet essai lors des élections présidentielles et législatives, transformer l’essai pour changer la vie. Tous ensemble, à avoir rejeté la concurrence libre et non faussée autour de laquelle était bâti le projet de constitution européenne, car nous préférons la solidarité, mais aussi tous ensemble avec ceux qui avaient dit oui, car ils avaient préféré voir dans ce projet de constitution leur rève de pays européens solidaires à la réalité du texte froid de luttes économiques, tous ensemble, nous pouvons faire basculer la société dans un sens de progrès social.

Révons un peu !

Révons d’un département où chacun aurait du travail, car la France aurait récupérée son autosuffisance industrielle et les Ardennes auraient leur part dans la production nationale, nationale et des pays voisins, car autant il me paraît absurde, pour des raisons environnementales d’importer de très loin ce que l’on sait fabriquer en France, autant les échanges avec nos voisins Belges sont logiques. Rêvons d’Ardennes où chacun aurait du travail, car les services publics satisferaient les besoins de chacun, car seraient aussi couverts les besoins de culture, de loisirs. Révons d’un pays où chacun aurait un salaire lui permettant de vivre dignement, où les retraites permettraient aussi de profiter de la vie.
Révons d’une vie où l’environnement ne serait plus maltraité par la course au profit, mais où sa préservation serait un fil directeur de toute action (et ce serait d’ailleurs créateur d’emploi), Révons d’une vie où chacun aurait un logement décent, où chacun aurait accès aux services dont il a besoin, où les soins seraient gratuits.
Révons d’une vie où nous ne serions plus considérés comme des moins que rien, mais comme des citoyens à part entière, ayant leur mot à dire sur leur vie, sur toute leur vie, y compris sur celle au travail, où l’on ne parlerait plus de français de souche, d’étrangers ou de fils d’immigrés, mais tous simplement d’hommes et de femmes.

Rêve, vous allez dire ; oui rêve, mais pas uniquement, car si ce rêve, ce peut être le présent d’après demain seulement, c’est dès juin qu’un gouvernement qui voudrait s’en donner les moyens pourrait augmenter les salaires, revaloriser les retraites, promulguer une loi de sécurisation sociale de l’emploi et de la formation, comme les communistes sont en train d’élaborer. C’est dès cette année qu’un gouvernement pourrait donner les moyens à la sécurité sociale d’assurer la gratuité des soins en taxant les revenus boursiers des entreprises, donner aux communes et autres collectivités les moyens dont elles ont besoins pour satisfaire les besoins de leurs administrés par une grande réforme fiscale luttant contre les inégalités.
Un service public du logement pourrait être créé, avec des moyens et pas une loi sur le droit au logement sans moyens, loi qui n’est par conséquent qu’un bout de papier.
Ce gouvernement pourrait aussi proposer à un référendum populaire un changement constitutionnel faisant faire un pas démocratique nouveau, avec la fin du régime présidentiel, avec des élections partout à la proportionnelle, ce qui éviterait, par exemple qu’un département comme le notre, ancré à gauche, soit dirigée par la droite, avec le vote des résidents étrangers, avec des droits nouveaux aux salariés dans les entreprises. A Porcher ou chez Vistéon, ils aimeraient bien savoir les projets cachés de leurs patrons. A Thomé Génot, cela aurait pu éviter la catastrophe. Ce pourraient être aussi des droits nouveaux pour les militants associatifs qui contribuent au lien social, le banissement de toutes les discriminations.

Utopie, vous allez dire : l’Europe est là pour nous en empêcher, les règles du commerce international aussi. Mais tout cela, ce ne sont que des constructions humaines que les femmes et les hommes peuvent donc défaire et refaire à leur guise. Cela suppose bien évidemment d’avoir un gouvernement qui ait le courage de s’en prendre à l’ordre établi, aux intérêts du grand patronat. Mais il n’y a pas que les français qui luttent contre cet ordre. En Amérique du Sud, des gouvernements ont eu ce courage, et en Europe, nous ne sommes pas seuls. Rappelons nous du non des Pays Bas et de tous les pays dont les gouvernements n’ont même pas eu le courage d’organiser un référendum (au fait, ce référendum, en France, c’est parce que les communistes avaient réussi à lancer un mouvement d’opinion pour qu’il ait lieu). La cohérence et l’intérêt du programme des communistes porté par Marie Georges Buffet sont d’ailleurs reconnus hors de nos frontières, comme en témoigne par exemple le soutien d’Oskar Lafontaine, ancien socialiste allemand.

J’ai beaucoup parlé d’emploi de salaires ; c’est la priorité première que nous nous donnons, car c’est la priorité de chacun dans le département : ceux qui ne sont pas touchés eux-mêmes par le chômage craignent pour leurs enfants, mais je voudrais aborder aussi quelques autres sujets très concrets :
- l’accès aux soins dans la vallée et tout particulièrement dans la Pointe. La situation est particulièrement difficile du fait du manque de professionnels, de leur vieillissement, qui sans la justifier, excuse quand même leur mauvaise volonté dans la participation à la permanence des soins. Cela nécessite des mesures nationales : augmentation du numérus clausus, salariat pendant les études, en échange d’un engagement à travailler quelques années là où l’Etat leur demande (regardez comment l’Education Nationale fait : tous les profs ne sont pas dans le midi, et en plus, certains nommés dans les Ardennes les découvrent et y restent !). Mais cela suppose aussi des mesures locales : d’une part le renforcement des moyens du SAMU. Dans d’autres lieux, les urgences qui ne relèvent pas du SAMU sont prises en charge par SOS médecins. Créons un SOS médecins public dépendant du SAMU. Mais aussi et cela ne couterait que quelques euros à la sécu séparons en deux le secteur de garde de Fumay et de Givet. Il faut que les pouvoirs publics comprennent que c’est, selon les communes, un peu moins ou un peu plus de 30% des foyers qui n’ont pas de voiture, pas de moyens donc de se déplacer la nuit !

- L'école : les députés UMP du département ne manquent pas de culot : après avoir voté le budget de l’éducation nationale qui expliquent ces fermetures de classe, ils vont pleurnicher à Paris une rallonge pour les Ardennes ! Mais c’est vrai qu’un discours différent dans le département et à l’assemblée nationale n’est pas leur apanage : je me rappelle avoir écrit la même chose de nos députés socialistes, sur cette même question du budget de l’Education Nationale, à l’époque où le ministre à l’enseignement scolaire s’appelait Ségolène Royal. Il y a cette année une véritable casse de l’école maternelle, mais les problèmes ne concernent pas que celles-ci : il y a par exemple suppression d’un poste de chef de travaux au LP Jean Moulin.

- L’habitat : les projets de rénovation urbaine ne doivent pas contribuer à l’exclusion de certains habitants de leur quartier et je suis particulièrement inquiète de certaines situations dans toute la circonscription, qu’il s’agisse de la Houillère à Charleville ou du Charnois à Fumay : les reconstructions doivent précéder les démolitions. Les habitants de ces quartiers savent qu’ils peuvent compter sur les élus communistes pour être à leur côté. Sur un dossier comme celui de la rue du Port à Monthermé, Espace Habitat a fini par mettre de l’eau dans son vin d’ailleurs. Mais il n’ya a pas que les logeurs publics et le quartier du Bois Bryas à Revin retient aussi toute mon attention : La préfete ne peut se contenter du constat de la DDASS d’insalubrité mais elle doit le prolonger par l’action, en agissant pour le rachat du bloc par un organisme logeur en facilitant l’accès à des prêts.

- Les transports enfin : l’avenir, c’est le développement de voitures propres et recyclables, ce qui veut dire qu’il y a de l’avenir pour une filière automobile renouvelée dans les Ardennes pour autant que l’industrie soit là pour la satisfaction des besoins, mais l’avenir, c’est aussi le développement des transports en commun. De ce point de vue, il y a de quoi être très inquiet quand on entend un responsable de Réseau Ferré de France prononcer le mot de pérennisation de la ligne Charleville Givet, comme nous avons entendu il y a quelques jours. Oui, le mauvais état de cette ligne pourrait en cause sa survie, et il ne suffit pas que la région paie des trains pour que cela aille bien, encore faut-il rénover la voie. Ceci est de la compétence de RFF et dans la suite du vœu proposé par le groupe communiste lundi dernier au conseil régional qui l’a adopté exigeant la mobilisation par RFF des financements indispensables à la régénération du réseau je vais lancer un appel à tous les élus de la vallée pour qu’ils agissent également auprès de RFF.

Vous le voyez à travers ces quelques points précis, et j’aurais pu en aborder d’autres qui me tiennent à cœur aussi, comme le PNR ou le développement associatif, c’est un mélange d’actions locales et nationales qui nous permettront de changer la vie, de vivre mieux. Encore faut il avoir le même discours dans le département et à l’assemblée nationale et c’est bien une chose à laquelle je m’engage et si j’ai tout à l’heure parlé de ce que pourrait faire un gouvernement dès juin, avoir le même discours à Charleville et à Paris, cela veut bien évidemment dire aussi ne pas soutenir un gouvernement qui n’aurait pas rompu avec les pratiques libérales, qui ne s’en prendrait pas aux profits boursiers, car ce serait courir à l’échec.

La gauche est en difficulté aujourd’hui dans les sondages. Elle ne s’en sortira pas par un soit disant vote utile en faveur de Ségolène par dépit, qui de toute façon conduirait à l’échec au second tour, et en tout cas à l’échec d’un changement réel comme lors des précédents gouvernements socialistes, source d’un désespoir encore plus profond, mais elle s’en sortira par des propositions courageuses  comme les portent les communistes et Marie Georges Buffet.
Je vois avec plaisir que nous avons rassemblé ici ce matin des représentants de tous les bouts de la circonscription, de Manchester à Givet en passant par Rocroi. A tous, je veux dire que c’est ensemble que nous approfondirons les pistes de réflexion rapidement lancées ici, que c’est ensemble que nous pourrons rassembler largement pour gagner la circonscription et que c’est ensemble que nous continuerons le débat et l’action après les élections. Les élections législatives suivent de près les élections présidentielles. Lancer dès maintenant la campagne des législatives, c’est aussi pour contribuer à l’animation de la campagne pour Marie Georges Buffet et en vous remerciant de votre attention, car j’ai été un peu longue, je passe la parole à René Visse à ce sujet.

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