Intervention de Sylvain Dalla Rosa
au Conseil Municipal du 8 février 2012



Le document du Projet Régional de Santé pour la Champagne-Ardenne qui nous est soumis pour avis comporte plusieurs volets.
Mais avant de donner l’opinion des élus communistes sur ce PRS, permettez-moi un rapide historique. En effet, l’offensive menée contre la santé publique dans notre pays, ne date pas d’aujourd’hui. Ainsi, l’Agence Régionale de Santé qui nous consulte était auparavant une Agence Régionale de l’Hospitalisation. Ce changement d’appellation est loin d’être anecdotique, il recouvre en fait la volonté de chapeauter toute la politique de santé sur les territoires afin de mieux en faire une marchandise.
Mais le point fort de la casse du système de santé dans notre pays aura été le vote, en 2009, de la loi « Hôpital, patients, santé et territoire » qui constitue une véritable remise en cause de la santé publique notamment au sein du secteur hospitalier.
Et le PRS, dont nous débattons, n’est que la concrétisation, dans les faits, de la loi HPST. Il y avait eu auparavant la décision de mettre en place à l’hôpital ce qu’on appelle la tarification à l’activité, la fameuse T2A. Ce dispositif a pour but d’orienter l’activité médicale hospitalière vers ce qui est rentable au détriment des pathologies longues et couteuses.
Enfin, ce rapide tour d’horizon ne serait pas complet si on n’évoquait pas la remise en cause de la sécurité sociale dont N. Sarkozy vient d’annoncer la fin du financement de la branche famille par les employeurs pour la compenser par une hausse injuste du taux de TVA.
Alors si on regarde le PRS que nous dit-on ? L’objectif affiché est de s’adapter à cette politique de régression tout en faisant évoluer l’organisation de l’offre de soins sur notre territoire. Dans l’état actuel des choses c’est mission impossible, tant les moyens mis en œuvre sont loin d’être au niveau des besoins. Certaines propositions sont d’ailleurs contraires au développement de la santé publique de proximité. Il est ainsi envisagé de structurer la région en territoires de coopération hospitalière. Dans ce cadre, l’élaboration de projets médicaux de territoire aurait pour priorité de regrouper des activités du secteur public et du privé. Avec cette proposition, nous sommes au cœur de la casse de l’hôpital public. Il est également indiqué dans le document que des réflexions sont à mener sur l’évolution des structures hospitalières. Ainsi, il est indiqué qu’une réflexion doit s’engager sur la pertinence d’un plateau chirurgical à Rethel (en clair sa suppression) et sur une possible maternité commune entre Charleville-Mézières et Sedan. Si, à mon sens, des coopérations hospitalières doivent se réaliser, en aucun cas l’objectif doit être la fermeture de services. C’est pourtant ce vers quoi s’orient le PRS. Si on ajoute à cela qu’il existe depuis des années la suppression de postes, de lits, voire de services entiers au sein de l’hôpital public, il n’y a décidément rien de neuf avec le PRS. Ce sont pour toutes ces raisons que nous voterons contre ce projet en soutenant la proposition d’émettre un avis défavorable qui est contenu dans le rapport de présentation.



Retour au blog de Michèle Leflon