Résolution adoptée par les communistes des Ardennes
lors de leur assemblée générale du 1er décembre 2007
A l’occasion de l’Assemblée extraordinaire du PCF, qui se tiendra nationalement les 8 et 9 décembre prochains, les communistes ardennais tiennent à faire part d’un certain nombre de propositions et donner leur opinion sur les débats en cours dans le parti. Nous tenons au préalable à regretter, le flottement politique et idéologique qui existe aujourd’hui au PCF, à l’image de l’absence de référence communiste, pour la constitution de notre groupe de députés à l’Assemblée Nationale. Situation qui ne favorise pas l’engagement des communistes. L’existence d’un parti communiste est toujours indispensable en France, tant pour contribuer au développement des luttes, que pour être force de proposition pour imaginer un communisme du 21e siècle. C’est un apport essentiel à la gauche, qui a besoin d’être profondément rénovée. Dans la période actuelle, le PCF doit redoubler d’initiatives et d’actions contre la politique dévastatrice de la droite et du MEDEF. Pied à pied nous devons être des rassembleurs pour combattre les mesures anti-sociales du pouvoir et promouvoir une autre politique. Défense des libertés, développement social, économique et industriel, ainsi que l’exigence d’un référendum sur le traité européen, doivent être nos priorités. C’est pourquoi, préparation du congrès  2008 et luttes doivent être étroitement liées.
Après l’échec électoral cuisant de la présidentielle et la crise politique qui frappe la gauche dans son entier, la préparation du congrès doit être l’occasion de donner la parole aux communistes. De ce point de vue, nous nous interrogeons sur le statut que nous devons donner aux questionnements, actés par le conseil national des 6 et 7 octobre. Les réponses apportées par les communistes, pour être réellement prises en compte, doivent, à notre sens, être approuvées par les adhérents(es). Or, dans la préparation et le déroulement de l’assemblée extraordinaire, rien n’est prévu pour que les communistes se prononcent et valident un mandat clair, qu’ils donneraient au conseil national, afin de préparer le congrès de 2008. Aucun texte d’orientation ne sera soumis au débat. C’est dans cette situation, pour le moins ambiguë, que nous souhaitons préciser quelques orientations, qui doivent, à notre sens, être la trame politique de la préparation du congrès.
Tout d’abord, un bilan doit être tiré de la période de 1981 à 2007 en ce qui concerne notre stratégie (alliances - participation au gouvernement – rassemblement dans les collectifs pour une candidature unique au –delà de juillet 2006, moment où cette voie se révélait sans issue…..). Incontestablement, le renoncement à un positionnement communiste, parfaitement identifié et porteur d’objectifs de transformation de la société, a contribué à accélérer le recul du PCF. Pendant la campagne des présidentielles, très rares ont été les moments où nous avons fait une critique objective des cinq années du gouvernement Jospin, qui ont conduit à l’échec de 2002. Nous avons au contraire (peut être à notre corps défendant), donné à penser que nous pourrions renouveler une expérience de ce type, dans les mêmes conditions. Expérience dont la gestion a été largement sanctionnée par les électeurs de gauche. Ainsi, les conditions de notre participation à un gouvernement avec le PS et notre stratégie d’alliances étaient peu audibles, voire incompréhensibles. Surtout que dans notre programme électoral, les mesures anti-capitalistes n’étaient pas évidentes au premier regard. Dans ces conditions, le vote utile prenait toute sa dimension. Ces éléments ont été aggravés, par l’engagement dans les collectifs pour une candidature unique, cela sans principes de participation clairement établis et avec l’effacement de toute référence au PCF. Dans ce domaine, l’expérience positive de notre bataille contre le traité de constitution européenne, aurait dû nous servir de référence.
Nous devons affirmer un choix de société qui doit s’appuyer sur une conception communiste marquée par le progrès social, l’écologie, l’humanisme, le féminisme et la paix entre les peuples. Donner à l’individu par la démocratie la place centrale dans toute évolution de la société, doit être au cœur de notre projet. Notre analyse doit être guidée par un regard lucide, sur l’évolution du capitalisme mondialisé et les points marqués par les grands possédants, pour asseoir leur domination. Concernant la construction européenne, notre engagement pour une Europe des peuples doit s’appuyer sur notre détermination à combattre les dérives libérales de l’Europe actuelle. Mais, ni les difficultés historiques, ni les moyens extraordinaires dont dispose le capital pour imposer sa politique, ne doivent nous faire renoncer, à inventer le communisme du 21e siècle. De même, une critique sans concession de nos erreurs et des crimes commis dans certains pays, au nom du communisme, ne doivent nous contraindre à mettre sous l’étouffoir, tout l’apport du PCF au progrès et à la liberté dans notre pays. La récente évocation de Guy MOQUET, nous a permis récemment d’en faire la démonstration. Il faut que le prochain congrès, pousse l’analyse du système capitaliste et éclaire sur ses ravages, à l’échelle nationale et internationale. Celui-ci est aujourd’hui confronté à ses contradictions, abaissement du niveau de vie des salariés remettant en cause le développement de la société, délocalisations d’entreprises dans les pays à bas coûts de main d’œuvre, engendrant une régression économique dans les pays traditionnellement industrialisés, un non respect de l’environnement pour augmenter les profits, contribuant à la dégradation de la planète….. L’avenir n’est pas de ce côté et ce bilan, donne encore plus de force au défi que nous devons nous fixer, d’un projet communiste moderne, capable de bâtir une véritable alternative, basée sur l’épanouissement des individus, le renforcement de la démocratie et le progrès pour tous.
Pour développer cette bataille, l’existence d’un parti communiste, modernisé et combatif, est nécessaire dans notre pays. Le PCF possède les ressources pour se rénover et redevenir une force politique influente et motrice à gauche. Les changements nécessaires dans le fonctionnement du PCF devront tenir compte de la modification des mentalités, du renouvellement des formes de militantisme, de l’évolution sociologique de la société et des pratiques citoyennes et du contexte médiatique pour réaffirmer l’identité d’un parti communiste français contestataire, révolutionnaire et constructif. Sur ces bases, les communistes ardennais se prononcent fermement pour la continuité du PCF comme instrument de transformation de la société et pour que la direction organise sur cette question essentielle, une consultation des adhérent(e)s.  Le congrès devra permettre de préciser le projet communiste, la stratégie et la conception des alliances ou collaborations éventuelles avec d’autres organisations politiques, syndicales et associatives. Des adaptations statutaires devraient en découler. L’avenir à court et long terme du PCF et l’adhésion des militants aux décisions prises dépendront pour beaucoup de la lisibilité des choix effectués, de leur mise en œuvre sur la durée. Il s’agit, rien de moins, que de répondre au défi de ce début de 21e siècle d’une transformation progressiste et radicale de la société.
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Michèle Leflon